Presnel Kimpembe : De la RDC U20 en 2014 aux Bleus « On n’était même pas onze à l’entraînement » : ses confidences sur les conditions de l’époque.
Champion du monde 2018 avec l’équipe de France, Presnel Kimpembe a longtemps fait l’objet de spéculations sur son choix de sélection nationale. L’ancien défenseur du PSG, aujourd’hui au Qatar SC, est revenu récemment sur son passage chez les jeunes de la RD Congo en 2014, racontant des conditions d’entraînement qu’il juge « abusées » comparées à la Ligue 2 française.

2014 : Les débuts en sélection avec la RDC U20
Peu de supporters le savent : avant de revêtir le maillot bleu, Kimpembe a porté celui des Léopards.
En octobre 2014 il dispute un match amical avec l’équipe U20 de la RDC contre l’Autriche. Convaincant, il est ensuite convoqué en mars 2015 par le sélectionneur Florent Ibenge pour un stage à Dubaï avec l’équipe A de la RDC.
Mais à ce moment précis, l’appel de la France se fait plus fort. Appelé pour la première fois en équipe de France A en remplacement d’Eliaquim Mangala. le joueur de 21 ans opte finalement pour les Bleus. Il décline donc l’offre des Léopards et poursuit son parcours chez les jeunes français U20 puis Espoirs, avant d’intégrer l’équipe A.

Il n’a depuis jamais joué de match officiel avec la RDC. Son choix est acté : il reste un international français.
Absent du Mondial 2026
Coup dur récent : Presnel Kimpembe n’a pas été sélectionné par Didier Deschamps pour la Coupe du Monde 2026. L’ancien Parisien, qui revient de longues blessures, n’a donc pas pu défendre son titre avec les Bleus. Il évolue désormais au Qatar SC.
Interview « LEGEND » : Ses confidences sur les conditions de 2014
Dans une interview pour le média « LEGEND », Kimpembe a décrit sans filtre les galères des sélections de jeunes de la RDC à l’époque 2014-2015.
Sur la différence de moyens :
« J’ai joué pour le Congo moi. Ça il y a beaucoup de gens qui le savent pas non plus. C’est déjà une différence économique, énorme. Il y a une différence économique énorme, tu vois vraiment la différence ? Après j’étais pas en A au Congo, j’étais chez les jeunes en U23 et en espoir. »
*Sur les déplacements et l’organisation :*
« Eh c’était de la folie. Les déplacements et tout, non c’était chaud. Pour aller à Kinshasa, entre pays il fallait qu’on parte de Paris. Paris on prenait des Vianos, Viano on allait jusqu’à Bruxelles on prenait l’avion, l’avion on allait jusqu’à Kinshasa et là on arrive et euh le lendemain on doit s’entraîner et il manque des joueurs. »
La phrase clé sur les conditions de l’époque :
« On était même pas onze. On s’entraîne pas. Le jour d’après on demande : les joueurs ils sont où ? Non ils arrivent demain. Le lendemain on se réveille : ils sont toujours pas là. Donc on s’entraîne pas deux jours et on devait jouer les qualifs pour la CAN. Le troisième jour, pas de joueurs non plus. Donc on est dis, ouais les gars, sortez, allez profitez dehors et tout. Ouais mais c’était c’était abusé. »
Sur le professionnalisme de 2014 :
Interrogé sur la comparaison avec la Ligue 2 française, il tranche : « Oui à cette époque-là, peut-être que maintenant les infrastructures et compagnie ont changé ». Pour lui, l’équipe nationale de l’époque était « moins professionnelle qu’une équipe de ligue 2 en France ».
Le bilan
Le parcours de Presnel Kimpembe illustre un dilemme fréquent pour les binationaux : choisir entre le pays d’origine et le pays de formation. Aligné pour la RDC en amical U20 en 2014, puis appelé par Florent Ibenge en 2015, il a finalement choisi la France après son appel en équipe A.
Aujourd’hui champion du monde mais absent du Mondial 2026, son témoignage met en lumière les défis structurels qu’avaient les sélections africaines chez les jeunes il y a 10 ans : déplacements compliqués, effectif incomplet, entraînements annulés. Un récit brut qui complète l’image du joueur et rappelle le chemin parcouru depuis Kinshasa 2014 jusqu’au toit du monde avec les Bleus en 2018.
