RDC : au Lualaba, la parole devient richesse
Dans une province longtemps résumée à ses mines et à son cobalt, un autre type de richesse émerge : la parole. Plus de soixante étudiants issus de quatre universités du Lualaba ont pris part ces dernières semaines à la 5ᵉ édition du concours interuniversitaire d’éloquence Ishango, porté par l’ASBL Les Talents. Objectif, former une nouvelle génération de jeunes capables de structurer leurs idées, de convaincre et de défendre un projet dans l’espace public.
Au-delà des mines, la fabrique des voix
Kolwezi, chef-lieu d’une province souvent décrite comme laboratoire du capitalisme extractif, voit naître depuis plusieurs semaines une effervescence intellectuelle discrète mais réelle.
Signe de cette dynamique, la prise de parole en public connaît un engouement croissant. Pour cette année. les inscriptions ont augmenté au concours d’éloquence Ishango.
« Le Lualaba ne peut pas seulement être reconnu pour son cobalt. Il doit aussi briller par sa jeunesse, par ses intelligences », affirme Jedida Mbal, point focal de l’ASBL Les Talents.
L’ambition est claire, ramener à la surface des ressources humaines, aussi précieuses que les minerais qui dorment sous le sol.

De la formation à la scène : un parcours exigeant
Avant d’atteindre la finale provinciale prévue le 8 novembre, les candidats ont traversé plusieurs étapes.
D’abord, une formation en prise de parole en public, animée par le maître Salumu : articulation du discours, clarté de l’argument, gestion de la voix, présence scénique.
Puis une seconde session, plus technique, sur la rhétorique et l’argumentation, menée par Maître Étienne Ntumba.
De 60 candidats au départ, ils ne sont plus que 12.
Douze voix affirmées, douze styles, douze visions du monde.
Tous prêts à défendre leur place.
Un jury à l’image d’une province en mutation
Pour cette finale, quatre jurés aux profils complémentaires :
• Maître Benita Cibola, avocate au barreau du Lualaba
• Maître Rosy Mumba, avocate aux barreaux du Haut-Katanga et du Lualaba
• Gaël Kadjat, ingénieur de projets dans le secteur minier
• Doudou Mij, directeur général du centre culturel Sauti Ya Macho
Tous partagent la même conviction : la parole est une force, et l’argumentation une arme pacifique.

Vers Lubumbashi, puis plus loin
Les lauréats représenteront le Lualaba à la finale nationale, le 28 novembre à Lubumbashi.
Et l’objectif est assumé cette année, ramener le “Talent d’or”.
Au-delà du concours, l’enjeu est symbolique.
Le Lualaba, perçu comme une terre de ressources naturelles, veut désormais s’affirmer comme terre de ressources humaines. La province n’extrait plus seulement du cobalt.
Elle forge des voix.
Rédaction / zoometrezoom.com
