Édito : Fifi Masuka, l’exception qui bouscule les codes du pouvoir en RDC, la presse congolaise conquise!
Il y a dans le regard des journalistes présents au Lualaba, à l’occasion du briefing conduit par le ministre de la Communication Patrick Muyaya, une surprise non feinte. Et peut-être même un peu d’admiration. En marge de la 12è conférence des gouverneurs, c’est vers une figure singulière que convergent les regards : Fifi Masuka Saïni, gouverneure de cette province longtemps marginalisée, devenue aujourd’hui l’un des territoires les plus visibles de la République démocratique du Congo.
Son nom s’impose peu à peu dans le paysage politique congolais comme celui d’une femme à part. Une exception. Et ce, à double titre : non seulement parce qu’elle demeure à ce jour la seule femme gouverneure en fonction sur l’ensemble du territoire, mais aussi parce qu’elle est parvenue, en moins d’un mandat, à inscrire sa gouvernance dans la matérialité du développement.
À Kolwezi, ce ne sont pas les discours qui parlent, mais les infrastructures. Aérogare moderne avec passerelle d’embarquement, une première en RDC, échangeur routier, village des congrès, hôpitaux, écoles, universités, pont, bâtiments administratifs flambant neufs… Le Lualaba change, et avec lui, l’image que l’on se fait d’une province souvent reléguée au rang de pourvoyeuse de richesses minières, sans véritable projet politique.

Lorsqu’interrogée sur ce qui guide son action, Fifi Masuka répond avec un mot simple, presque désarmant dans le contexte politique congolais : l’amour de la patrie. Et de rappeler qu’au départ, peu croyaient en elle. « Une femme ? Gouverneure ? » Un seul homme, dit-elle, lui a accordé sa confiance dès le départ : le président Félix Antoine Tshisekedi. Depuis, la province qu’elle dirige est devenue vitrine de la modernisation au féminin. Une vitrine que nombre de ministres et députés de passage ne manquent plus de citer en exemple.
Faut-il voir en elle une promesse d’avenir pour la politique congolaise ? Sans doute. Mais au-delà de la personne, ce que révèle le parcours de Fifi Masuka, c’est que la compétence, la vision et la volonté peuvent, même en RDC, transformer durablement un territoire. Et qu’au XXIe siècle, le genre ne devrait plus être un obstacle à l’exercice du pouvoir.
Rédaction / zoometrezoom.com
