CENI : publication de la feuille de route, le doute plane sur la tenue des élections en 2023
La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a publié ce jeudi 3 février sa feuille de route pour les prochaines échéances électorales prévues en 2023. Cette feuille de route qui n’est le calendrier électoral s’étend sur six ans, de 2021 à 2027. Denis Kadima président de cette institution dans sa communication aimerait que les élections se tiennent dans le délai mais ne rassure pas vraiment et laisse planer le doute en évoquant plusieurs contraintes notamment liées aux finances et à la pandémie de coronavirus.
Cette communication de la CENI est mal perçue par l’activiste de droit de l’homme Jean-Claude Katende qui a aussi vite réagi : « On veut les élections en 2023, c’est tout. On espère que la communication de la CENI n’est pas destinée à nous préparer au glissement. Le Président de la République avait déjà dit que l’argent pour les élections n’était pas un problème. Alors allons de l’avant ».
Martin Fayulu également l’a compris et reste vigilant. Il appelle au respect de la Constitution : « Je rappelle à tout le monde que les élections en RDC doivent se tenir en 2023 conformément à la Constitution, avec une CENI dépolitisée. Le Peuple Congolais n’acceptera pas de glissement », prévient ce farouche opposant au pouvoir de Tshisekedi.
Les contraintes
La CENI en dénombre huit dont les contraintes d’ordre financier, politique, légal, sécuritaire, sanitaire et logistique. Sur le plan financier elle craint par exemple le retard dans le financement des opérations électorales autant des institutions étatiques que de ses partenaires. Ce qui entraverait également aussi le processus électoral est la non reconnaissance de son autonomie financière.
La CENI martèle sur la volonté politique d’organiser les élections qui doit se traduire par les actions concrète. Et aussi le Parlement qui doit se pencher sur la réforme électorale au mois de mars 2022. Si cela n’est pas fait, il y aura une incidence sur le calendrier général des opérations électorales. Le Parlement doit aussi lever des grandes options comme celles liées au nombre des tours pour l’élection présidentielle ou encore le scrutin direct ou indirect des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces voire le vote des Congolais de l’Etranger. La loi sur la répartition des sièges par circonscription doit être prête sinon les dates des scrutins seront décalées.
Les opérations qui pourront aussi empêcher les élections de se tenir dans le délai constitutionnel sont celles de la mutualisation des identifications des populations notamment le recensement et l’enrôlement des électeurs.
Le pays est en proie aux rébellions dans les régions du nord et du Sud, une contrainte qui pourrait avoir une incidence sur les opérations électorales comme dans le déploiement du personnel et du matériel ainsi que dans la collecte des données. Le contexte sanitaire mondial n’épargnerait pas aussi le processus électoral selon la CENI qui pourrait retarder au moment de la commande, la production, la livraison et le déploiement du matériel. La résurgence de certaines épidémies comme Ebola, Choléra, fièvre jaune ou la pandémie de Covid-19 pourrait avoir une incidence sur les dates prévues par la feuille de route.
La CENI a une faible capacité logistique pour le déploiement du matériel en volume et poids. Sa dépendance auprès de ses partenaires la rend vulnérable.
Les dates des élections
Les élections qui attirent une grande attention sont la présidentielle et les législatives nationales et provinciales. Comme toujours, elles seront couplées selon la feuille de route de la Commission Electorale Nationale et Indépendante. Le vote aura lieu en décembre 2023 mais toutes les opérations liées à ces élections vont de janvier 2022 à mars 2024 le jour de la proclamation des résultats définitifs devant la Cour Constitutionnelle. A la présidentielle et aux législatives sont greffées les élections des conseillers communaux, de secteur et de chefferie. C’est la première séquence consacrée aux scrutins directs.
La deuxième séquence est consacrée aux scrutins indirects entre autres les élections des sénateurs, des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces, des conseillers urbains, des maires et leurs adjoints, des bourgmestres et leurs adjoints ainsi que des chefs des secteurs et leurs adjoints. Tous ces scrutins se dérouleront en un mois seulement, soit de février à mars 2024.
La troisième séquence est réservée aux activités de pérennisation du processus électoral qui iront de mars 2024 à mars 2027.
Oncle P/zoometrezoom.com
