Linafoot : le stade Dominique Diur toujours coupable idéal ?
Depuis plusieurs semaines, un discours récurrent s’installe dans certains cercles du football congolais. Les clubs de Lubumbashi et quelques observateurs estiment que Kolwezi représenterait un danger pour la tenue des matchs de la Linafoot. Leur demande : que le stade Dominique Diur soit fermé, ou que les rencontres s’y disputent à huis clos et en plus, imposer des amendes aux clubs.
Mais à y regarder de près, cette position interroge. Car les incidents que l’on reproche au public de Kolwezi sont loin d’être une exclusivité locale. Envahissements de terrain, jets d’objets, contestations des décisions arbitrales, toutes ces scènes se produisent, hélas, dans presque tous les stades du pays. Même ceux considérés comme plus « modernes », à l’image de Kibassa Maliba, des Martyrs ou de Mazembe, ont connu des débordements.
Faut-il rappeler que cette année encore, le derby lushois a été endeuillé par un décès ?
À Kolwezi, malgré l’affluence et la ferveur, aucun drame de ce type n’a jamais été enregistré.
Dès lors, pourquoi un tel acharnement sur le Stade Dominique Diur ? Pourquoi faire de Kolwezi le symbole de l’indiscipline dans les tribunes ?
Le véritable problème dépasse les frontières provinciales. Il tient à une culture du fair-play encore trop fragile au sein du football congolais. Ce constat ne vise pas une ville ou une région, mais l’ensemble du pays. Tant que la sensibilisation, la prévention et la responsabilisation des supporters resteront faibles, les débordements se répéteront.
Pour Kolwezi, le débat ne devrait pas être celui de la sanction, mais celui de la modernisation. Le Stade Dominique Diur présente des insuffisances techniques, certes, mais il demeure une enceinte pleine de potentiel. Des améliorations concrètes peuvent être envisagées :
• sécurisation des accès,
• clôture de l’aire de jeu par un treillis moderne,
• réhabilitation des vestiaires,
• aménagement des gradins.
Ces interventions, réalisables en peu de temps, nécessitent avant tout une volonté politique et institutionnelle.
Car fermer Diur, ce serait punir une population passionnée et priver le Lualaba d’un symbole d’unité et d’identité sportive.
Le football n’est pas seulement une compétition : c’est un langage social, un lien collectif, une respiration populaire. Et à Kolwezi, cette passion s’exprime dans le respect de la vie.
Le Stade Dominique Diur n’a jamais tué personne. Ce qui met le football en danger, ce n’est pas Kolwezi. C’est l’indifférence face aux vrais problèmes de gestion, d’organisation et de sécurité du sport congolais.
Rédaction / zoometrezoom.com
